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Des fantômes où ça ?

Dernière mise à jour : 8 nov. 2020



Par un beau dimanche de mai ensoleillé, je décide d’aller me balader dans la forêt, près de chez moi à Cheseaux sur Lausanne. Sous cet air printanier, le bois est resplendissant tel un joyau vert. Les arbres ont revêtu leurs feuillages, qui laissent passer par-ci par-là les rayons du soleil. L’air est si pur, c’est comme une bouffée d’oxygène. Les oiseaux entonnent des chants mélodieux, c’est une ambiance apaisante. J’adore cette atmosphère. Elle parvient à me faire retrouver mon calme, après une semaine stressante. J’apprécie de venir m’isoler dans la forêt. Cela me rappelle, mes longues promenades dans les bois de Meaux en France. Les balades en forêt m’ont toujours beaucoup apaisé. Cela me permet de me vider la tête et de recharger mes batteries afin d’affronter la semaine. J’avoue ne pas prendre mon téléphone. C’est un bon moyen de me couper du monde pour une petite heure. Il arrive que je croise du monde, on se salue poliment. Les rencontres sont fugaces comme si l'on faisait un rêve éveillé. Je parcourt la forêt un peu au hasard, mais pourtant, mes pas me ramènent toujours vers ce banc. Je l’avais découvert lors de mes précédentes incursions. Il est placé à un endroit calme où peu de monde vient. Il semble être à la croisée des chemins. Il se trouve près d’un champ où des chevaux s’ébrouent et paissent tranquillement. C’est un paysage pittoresque, c’est comme si un peintre était en train de le dessiner devant moi. Je suis dans la contemplation béat de ce paysage. Il y a un contraste entre le paysage montagneux où au sommet on peut encore voir la neige et le lac Léman qui miroite au loin.

J’en profite pour laisser vagabonder mon imagination.

Comment les personnes ont vécu dans ces paysages paisibles avant que nous entrions dans le XXIe siècle. La vie devait être plus agréable et plus simple. Je me demande s’il profitait plus de leur vie que nous. Mes réponses restent en suspens.

Soudain, un bruit fait stopper ce calme. Le vent vient de se lever et au loin résonne l’orage. Ce bruit sourd et entêtant fait stopper la quiétude de la forêt. Les éclairs se déchaînent, les feuilles bruissent sous le vent et la pluie. Je n’avais pas pris mon parapluie, donc je me dépêche de rentrer avant d’être toute trempée. Un proverbe me vient à chaque fois « en mai fait ce qui te plaît. » Le plus drôle est que les orages intempestifs arrivent assez fréquemment.

Pendant ma course, un bruit derrière moi me fait stopper. Seulement, il n’y a rien. Je reste perplexe. La pluie me transperce. Mon regard fouille dans la forêt. Un frisson parcourt mon corps. Il n’y a rien. Je reprends ma course, le bruit provient d’un côté. Je m’arrête, mais c’est la même chose. Je commence à me dire que mon imagination me joue des tours. À l’entrée du bois, une ombre vaporeuse passe devant mes yeux. Je stoppe ma course et je regarde incrédule. Je prends mon courage à deux mains et malgré l’orage, je regarde autour de moi, mais rien. Je me pose des questions sur ce qui vient de se passer. Et je me dis que c’était un effet d’optique. Je reprends mon chemin mais des bruits étranges proviennent du cœur de la forêt et je me demande si je ne dois pas partir au plus vite. Une étrange sensation me parcourt. J’ai la sensation d’avoir des doigts glacés qui me transpercent. Le fait d’être trempée et de commencer à grelotter en était la raison. N'est ce pas !

Je poursuivis en courant le reste du trajet et ne me retournais pas. Même si j’avais l’impression que la forêt m’appelait. Je me dis que je délirais et que je devais rentrer au plus vite.

Arriver à la maison, je prends une douche chaude, mais cette sensation glacer est encore là. Je vais à la cuisine et me prépare un été chaud. Je m’enveloppe dans une couverture sur le canapé. Les enfants rentrent de leur tour de vélo avec leur père. La tension retombe. Leur joie de vivre est communicative. J'en oublie cette sensation. Je me ressaisis et prépare le dîner pour toute la famille. Le train-train quotidien a comme effacer ma frayeur de cet après-midi.

Après leur journée épuisante, les enfants sont tous couchés. Je m’installe confortablement pour lire mon livre de chevet. Je relis sans cesse les mêmes mots. Mon esprit repense à cet après-midi et me dit qu’il m’a joué des tours, puisque ce n’était pas possible. Mon mari me frôle, je frissonne sans m’en rendre compte. Il me regarde inquiet. Je le rassure en lui disant que j’étais trop prise par le livre. il se tourne et commence à s'assoupir.

Seulement, mon esprit était sous l’orage dans la forêt. J’attends qu’il s’endorme. Je prends mon ordinateur et fais des recherches sur les faits incroyables qui entourent ce bois. Je découvre diverses histoires et légendes qui sont reliées a lui. La ville de Cheseaux sur Lausanne est édifiée sur les ruines d’une Villa Romaine datant du IIIe siècle après J.-C. Je suis intriguées et me dis que je vais explorée le bois pendant que les enfants sont à l’école. Je vais me coucher avec la volonté de découvrir ce que recèle cette forêt. Je suis allé faire des recherches aux archives de Lausanne et découvre une ancienne carte de Cheseaux avec l’indication de la Villa Romaine. Je suis contente de découvrir des traces des temps anciens et encore plus avec ses vestiges du temps passé. Je programme mon excursion pour le samedi. Pour le week-end, mon mari et mes enfants avaient programmé une sortie. Je me dis que j’aurais le temps de faire une exploration de la forêt.

La semaine passe à une vitesse étonnante, samedi matin, mon mari et les enfants partent pour leur virée entre homme. Je prépare mon sac et mon plan de la forêt. L’adrénaline coule dans mes veines et je suis impatiente de découvrir ses vestiges du passé. Je me dirige vers le bois d’un pas décidé. J’ai pris mon appareil photo et de quoi écrire, mais aussi de quoi grignoter. Je commence à explorer la forêt. Après deux heures de recherche, je tombe sur les ruines de la Villa Romaine. Je suis heureuse. Je regarde le tracer des murs et l’érosion produite par le climat de la Suisse. Je suis enthousiaste. Je prends des photographies et m’installe pour écrire mes impressions produites par ce lieu. Durant trois heures, je noircis les pages de mon carnet. Je m’arrête satisfaite. Je me dis que ce sont des bonnes idées pour un roman. Je remballe mes affaires, quand un bruit se produit. Une sorte d’éclair se produit. Je vois se dérouler sous mes yeux, des scènes du passé de la Villa Romaine. Je vois le propriétaire Romain et leurs serviteurs qui y vivaient. J’écarquille les yeux. Je tente de toucher les objets, mais c’est comme si c’était de la vapeur.

Ils paraissent avoir une vie agréable et semblent tous s’entendre. Les garçons s’entraînent aux combats. La mère gère la Villa d’une main de fer. Je me dis qu’ils ont la belle vie. Voir le quotidien de personne vivant au temps passé est fantastique. Le père part et je pense que c'est pour longtemps puisqu'il emmène beaucoup de choses dans sa charrette, je pense que c'est pour vendre au marché. on voit la mère qui s'occupe de tout gérer durant l'absence.

Un soldat arrive et parle, mais je ne comprends pas, puisqu’ils parlent en latin. Ils parlent trop vite pour que je puisse arriver à traduire. entendre une langue morte parler c'est un rêve pour toute historienne.Je bouge au sein de ces ruines et les vois s’affairer comme s’ils devaient s’enfuir. Une horde de soldat arrive, leur accoutrement me démontre que ce sont des Vikings. Le cri de guerre est horrible. Je vois cette famille se faire décimer. Je suis le témoin impuissant des derniers instants de cette famille. Un tel massacre, seulement pour avoir des richesse. Mes larmes coulent le long de mes joues, malgré moi. La vision se calme, le temps semble s’accélérer et les saisons s’égrenés. Je regarde autour de moi et vois les tombes de cette famille et des serviteurs de cette villa. Le mari revient, les choses ralentissent. Il pleure devant les tombes de sa famille. Il reconstruit les endroits détruits de la Villa et il semble attendre quelque chose. Après quelque temps, les Vikings sont de retour. Il semble, que cela soit une délégation. Il les accueille, et leur sert à manger, à boire. Ils font une sorte de fête. Cela semble très animé. Cependant, le propriétaire et ses serviteurs ne semblent pas boire autant que les Vikings. À un moment de la fête, ils tombent par terre. Tout semble s'accélérer. Les flammes embrasent la Villa et des cris horribles se font entendre. Je me bouche les oreilles. Je vois l'homme partir à cheval. il va vers les tombes de sa famille. Il leur parle avec des larmes et je voit qu'il dépose des objets, et il part.

Tout se calme et cette vision s’arrête. Je prends mon carnet et relate dedans ce que je viens de voir. Je n’omets aucun détail. Je me sens fébrile à relater ses événements. Je sens comme si l’adrénaline coulait dans mes veines. Quand je finis de tout relater. Je me dit que j'ai été le témoin involontaire de cet épisode. Je pense que c'est le destin qui a voulu cela.

Je rebrousse chemin vers ma maison. Mais comme la dernière fois, une ombre passe devant moi à l’entrée de la forêt. Je décide de la suivre, elle m’emmène vers une tombe ensevelie. Le nom de Marcus Fanelius Vicus y est gravé. Il n’y a pas de date. Je note dans mon carnet ce nom et prends une photo de cette pierre. J’entends comme un souffle, mais je n’arrive pas à comprendre ce qui se dit. La seule chose que je pense est que cet homme est retourner auprès de sa famille quand il a vu que le temps étais venu. J'en suis profondément ému.

Je rentre chez moi et suis toute chamboulée par les évènements que j’ai vus. Je fais des recherches sur les évènements dont j’ai été témoins. Je ne trouve aucune trace. Les sources sont inexistantes. Je prends la décision d’écrire cette histoire. Je donne des noms fictifs à cette famille et relate leur histoire dans un livre. Je me sens comme apaisé de pouvoir raconter ce que j’avais vu. Cela prend un ans pour que j'écrive ce livre. Mais, je sens comme une paix intérieur. Je souhaite rendre hommage à cette famille. Le livre de la Villa Romaine est sorti. il fut un grand succès.

Malgré cet évènement étrange, j’adore toujours faire une balade dans la forêt. Dorénavant, je passe devant ses vestiges et fais une prière pour que les âmes de cette famille puissent reposer en paix. Je sais que si je racontais cette vision, on me prendrait pour une folle. Mais, le cours de ma vie a repris ses droits. C’est comme s’il ne s’était rien passé. Cependant, cela a marqué mon esprit et m’a donné encore plus l’envie d’écrire.

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